Structurer son menu de navigation : le guide de Jimenez Julien

 

Un menu se construit presque toujours de la même façon : on reprend l’organigramme de la structure, on en fait des rubriques, et l’affaire est réglée. Le problème, c’est que personne parmi vos visiteurs ne connaît votre organigramme. Ils cherchent une chose précise, avec leurs propres mots, et le menu doit les y conduire.

Le menu reflète votre organisation, pas celle du visiteur

C’est l’erreur fondatrice, et elle est presque universelle. Un menu qui affiche « Nos solutions », « Notre expertise », « Notre approche » décrit une entreprise vue de l’intérieur. Le visiteur, lui, cherche « radiateurs », « pompes à chaleur », « devis ».

Le décalage passe inaperçu pour vous, parce que ce vocabulaire est le vôtre depuis des années. C’est précisément ce qui le rend dangereux. Le site www.julien-jimenez.net insiste beaucoup sur ce point, et le remède est simple : les intitulés du menu doivent venir des mots que vos clients emploient au téléphone, pas de ceux qui figurent dans vos documents internes.

Écoutez comment on vous demande vos services, et reprenez ces termes. C’est aussi ce que les gens tapent dans un moteur.

Sept entrées au maximum

Il existe une limite pratique, et elle est basse.

Au-delà de sept ou huit entrées principales, le menu cesse d’être lisible : le visiteur ne balaie plus, il abandonne et cherche ailleurs. Sur mobile, la contrainte est encore plus forte.

Si vous en avez douze, c’est que la hiérarchisation n’a pas été faite. Regroupez, et acceptez de reléguer en pied de page ce qui n’a pas à figurer en tête : mentions légales, recrutement, historique, partenaires. Ces pages restent accessibles, elles n’ont simplement pas leur place dans la navigation principale.

Une entrée du menu doit correspondre à un besoin fréquent, pas à l’existence d’une page.

Nommer avec précision

Trois règles pour les intitulés.

Court. Un à trois mots. Un intitulé long ne se lit pas, il se saute.

Concret. « Tarifs » plutôt que « Nos offres commerciales ». « Contact » plutôt que « Restons en lien ».

Prévisible. Le visiteur doit deviner ce qu’il trouvera avant de cliquer. Les intitulés créatifs « L’atelier », « Le laboratoire », « L’univers » obligent à explorer, et l’exploration est un coût.

Une entrée « Blog » ou « Actualités » mérite une réflexion particulière : si vous publiez quatre fois par an, elle donne surtout l’impression d’une activité au ralenti.

 

Sous-menus et mégamenus

Un sous-menu se justifie dès qu’une rubrique contient plus de cinq pages. En dessous, il ajoute une étape sans bénéfice.

Deux règles si vous en installez un. Ne dépassez jamais deux niveaux : un troisième niveau devient impraticable, surtout au doigt. Et rendez la rubrique parente cliquable, avec une page qui présente ses sous-sections beaucoup de visiteurs cliquent sur l’intitulé plutôt que d’attendre le survol.

Sur mobile, testez réellement l’ouverture du menu et l’accès aux sous-niveaux. C’est là que la plupart des navigations se cassent, et c’est là que se trouve désormais la majorité de votre audience.

Le test du tri de cartes

Un exercice de vingt minutes qui vaut mieux qu’une longue réunion.

Écrivez le nom de chacune de vos pages sur un papier. Donnez le paquet à trois personnes extérieures à votre activité, séparément, en leur demandant de constituer des groupes cohérents et de nommer chaque groupe.

Vous obtiendrez trois classements. Là où les trois convergent, votre structure est évidente : adoptez-la. Là où elles divergent, la catégorie est ambiguë c’est exactement l’endroit où vos visiteurs se perdent aujourd’hui.

Les noms qu’ils donnent spontanément à leurs groupes constituent souvent de meilleurs intitulés que ceux auxquels vous auriez pensé.

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